Une saison au 50

Au tournant, tout s’éclaire…

Eté 2014. Comment continuer d’avoir envie de faire ce job ? Créer des événements pour les entreprises, écrire des concepts et rédiger des recommandations pour séduire les clients, dessiner des projets de mise en scène ou des dispositifs scénographiques, réaliser des vidéos pour illustrer des gestes… Tout cela pour le compte d’agences. Les agences… à quelques exceptions, un monde où les personnels sont de plus en plus cyniques, les responsables de projets toujours plus arrogants malgré leur inculture, et des égos toujours plus enflés… Et des clients qui se piquent d’innovation avant de renoncer face à la froideur stérile des directions des achats… Des clients et des agences qui oublient combien on se passionne et s’investit pour réussir à mieux servir les projets… Comment avoir envie de continuer quand sens, éthique et reconnaissance sont absents et qu’on ne vous renvoie que condescendance et mépris (de classe) ?

Cet été est un tournant. Plusieurs aller-retours au Maroc pour tourner des vidéos… Des écrits pour un pavillon de l’exposition universelle à Milan… La conception et la scénographie d’une exposition interactive sur le thème de la sécurité des personnes dans l’industrie… Avec tout cela, malgré tout cela, il sait que les choses doivent changer. Il lui faut retrouver du sens. D’abord, se ressourcer auprès des gens qui comptent, qu’ils soient parents ou amis. Un tour en Bretagne et à Belle-Ile, un road trip à moto en Belgique, puis un détour dans les Pyrénées avant d’aller admirer de vieilles bécanes à Nogaro et de précéder la livraison d’un événement par un week-end amoureux au Touquet… Aimer ce que l’on vit dans l’instant et se sentir aimé, simplement, loin de toute la superficialité et des rapports de force (du métier…).

Et reprendre l’appareil photographique ! Repartir depuis les bases. La technique sans esbroufe, sans chercher à faire de démonstration de maîtrise technique, sans chercher des angles incroyables, jamais vus. Ne pas courir après le “spectaculaire“. Retrouver le film noir et blanc et l’optique qui ne déforme pas. Celle qui est dite “standard“, parce que la plus proche de la vision humaine, à nu. Regarder les choses à hauteur de coeur. Bouger, se placer, pour trouver son point de vue… et s’émerveiller des choses simples… S’alléger… loin de la ville, loin de la foule… pour avancer. Bientôt, il partira, il le sait, il le sent… Et sa vie sera autre, quoiqu’il arrive !


 


Mon bon vieux Leica M6 et rien d’autre que le 50 mm Summicron, sur du film Kodak TriX.