Cape Town 2016 #1

Entre architecture, mémoire et nouvelle ségrégation…


 

Il existe au Cap un axe urbain particulièrement remarquable, à plusieurs titres : historique, social, architectural. Cet axe relie le centre et les quartiers périphériques du Nord pour se plonger dans les premières stations balnéaires de la West Coast. Quittant Grand Parade et Strand, où convergent tous les transports “partagés“, il traverse Woodstock et rejoint Salt River par Albert Road, puis le port de containers. Une noria de minibus “klaxonner“ assure les liaisons de façon permanente.

Un peu d’histoire. Avec Woodstock, Salt River devient, au début du XX ème, une banlieue industrielle, à forte mixité sociale et ethnique. Un tissu important d’entreprises de toutes tailles et une population plus ouvrière, commerçante… active et métissée a remplacé les bourgeois qui y séjournaient l’été, quand l’accès à la plage était encore possible. Voies ferrées, autoroutes et échangeurs… les frontières de la ville sont redessinées. Puis l’activité décline dans les années 1980. Le quartier est abandonné par les investisseurs et la ville.

Les traces de ce passé prospère sont nombreuses bien que laissées à l’abandon : jolies maisons à colonnades avec jardinet, anciens magasins, grandes brasseries ou usines diverses. Ces bâtiments de qualité reflètent nombre d’influences : Cape Dutch, style Victorien, Art déco, style Toscan… anciens ateliers, brasseries et manufactures. La plupart d’entre eux servent de logements, gérés de manière “informelle“ pour une population peu favorisée. Les promoteurs, conscients du fort potentiel de cet existant, dans une ville qui se caractérise par une forte pression immobilière due à sa géographie et à l’afflux de migrants en quête de travail… ou de confortable retraite au soleil.

(A suivre…)

OB