Quand Jozy se réinvente...

Johannesburg, une ville africaine… en Afrique du Sud.

Ce qui frappe quand on se plonge dans Johannesburg (Jo’burg ou Jozy pour ses habitants), c’est de s’y sentir vraiment dans une ville africaine. Alors que Cape Town, à l’extrême sud du pays, est clairement une curiosité “blanche“, “européenne“… voire très “anglaise“, Johannesburg respire les couleurs, la mystique et l’énergie de l’Afrique.

Certes la ville est dangereuse, ou perçue comme telle – l’est-elle tellement plus que certaines villes d’Europe ? A côté (en dépit) de cela, cette ville fascine. Il y a quelques années, vastes étaient les « no-go zone“ du centre ville, dans ce qui était le CBD (Central Business District) au temps de l’apartheid. Au moment où l’ANC arrive au pouvoir, les sièges sociaux et autres grosses entreprises, parfois multinationales, quittent ce centre pour aller se regrouper dans d’autres quartiers à l’écart, hyper sécurisés. Les tours et autres gratte-ciel, grands hôtels ou bureaux… ont été vidés, puis murés. No man’s land, ce quartier est devenu le lieu favori de tous les trafics d’une misère sans espoir. Il n’était plus question de s’y arrêter, y compris en plein jour.

A partir des années 2000, des entrepreneurs privés ont décidé de faire revivre ces rues et de les rendre à une population jeune, active, enthousiaste et créative, gourmande de vivre “ici et maintenant“ tout en redorant l’image de la ville. Maboneng precinct et son “Arts on Main“ le dimanche, Braamfontein et le Neighbourgoods market, le 44 Stanley Avenue… sont autant de lieux qui, même à l’état encore embryonnaire au regard de l’échelle de la ville, reflètent l’énergie, l’optimisme, la convivialité d’une population qui, toutes couleurs mélangées, a une foi inébranlable dans son avenir commun et l’envie d’entreprendre… “ensemble“.


 


Leica M6 + 50mm Summicron (35mm, un peu aussi) & film Kodak TriX (janvier 2015).