Biographie

Instinctive et réfléchie. Contemplative et introspective. Ma photographie s’émerveille de petits riens. Ceux-là qui disent la solitude parfois. Quelque chose qui a à voir avec l’abandon ou le rejet, avec l’exil… avec l’éphémère aussi… et la disparition. De toutes ces choses, elle tente de produire du beau, du bien. Pleinement dans l’instant. Elle s’imprime à fleur de peau. Le voyage, les hasards… Des visages complices, des lieux aimés… les villes. La rue, désertée semble t’il… mais quelques signes de passages… Ironie tendre. Mes photographies sont des lignes de composition qui cherchent le reflet de l’œil-mémoire… Miroirs sans teint, elles sont mes rimes qui retiennent pour oublier, pour mettre à côté et avancer. Poésie de l’ordinaire.

Omar Barmada
Art Photography

Voyageur curieux et citoyen du monde, je suis franco-syrien et, pour simplifier encore, breton et kurde. Lorientais de naissance, j’ai été enfant à Alger, adolescent à Damas, et j’ai vécu plus de 30 ans à Paris. En ce moment, je suis posé à Bordeaux, après une année de retour aux sources en Bretagne à la suite d’une année exceptionnelle passée au Cap (Afrique du Sud). Dans ce pays complexe et bouleversant, j’ai trouvé de nouvelles inspirations, de nouvelles idées, de nouveaux projets à développer.

Dans mes travaux personnels, j’ai l’impression qu’on parvient à ressentir un peu de mon histoire personnelle, plus ou moins nettement. Né de deux cultures, emmené d’un pays vers un autre, installé dans l’un forcément loin de l’autre, et aujourd’hui trop loin d’une moitié de moi restée dans ce pays en guerre, la Syrie, qui se détruit et s’étouffe chaque jour un peu plus. Les racines, l’exil, la déchirure, l’espoir, la douleur, l’amour, la mélancolie, la beauté, l’envie, le chemin, les perspectives, la force de la nature… tout cela, je pense, est perceptible dans mon travail. En tous cas je sais que c’est aussi à cause de tout cela, que j’aime autant photographier. Plus qu’un plaisir, un véritable besoin, permanent. Jamais sans mon appareil.

Dans mes travaux de commande, je pense vraiment qu’on retrouve l’influence de mon parcours professionnel. Je ne suis pas que photographe. J’ai exercé plusieurs métiers avec toujours, comme fil conducteur, la « fabrique d’images ». Après des études de cinéma à Censier Paris 3, j’ai eu quelques belles expériences dans le cinéma publicitaire, le court métrage et quelques incursions dans le long métrage. J’ai, par la suite, découvert le film d’entreprise et, après plus d’une centaine de réalisations, la direction créative et artistique d’événements corporate s’est imposée à moi. 25 ans plus tard, après avoir exercé à peu près tous les métiers de la création liés à la communication événementielle (conception-création générale, scénographie, programmes de grandes images, réalisation de vidéos ou d’habillage, expositions éphémères dans des lieux hors normes), je me recentre sur la photographie. J’aime que mes photos racontent une histoire, je peaufine la prise de vue pour magnifier le moment, j’échange avec ceux que je photographie…

Ma pratique de la photographie démarre avec mes 16-17 ans. J’en apprends les bases, techniques d’abord: prises de vues en noir et blanc et travail du labo en chambre noire… et puis, au fil du temps, je perfectionne mon regard et ma technique, ma culture, en autodidacte: fréquentation des expositions et des galeries, lecture des théoriciens et des grands auteurs photographes… J’ai exposé ma série « Paris doubles vues » à Boulogne-Billancourt (http://o-barmada-photographie.com/portfolio/paris-doubles-vues/). Il m’arrive de participer encore à certains concours nationaux et internationaux, pour faire connaître mes travaux. Je publie régulièrement sur Instagram, l’outil « vitrine » du moment, intéressant pour une partie de mes travaux.

J’aime la « Slow Photography »: le plaisir de la lenteur, de la réflexion, de l’économie de déclenchements… inhérente à l’usage présent de la pellicule. J’aime la matière granuleuse des sels d’argent, le noir & blanc… mon Leica et mon vieux Rolleiflex… J’aime aussi l’outil numérique, même s’il n’a pas ma préférence: j’essaye de tirer ce qui me paraît être le meilleur des deux mondes. Ainsi, si je continue (pour mes séries personnelles) de travailler sur du film, la post production et l’impression, passent le plus souvent par le scan et les outils numériques.

J’aime l’art sous toutes ses formes, en particulier l’art populaire, comme le street-art ou l’art urbain plus généralement… Le jazz et la pop indépendante… La moto, rouler à moto, traverser les paysages… L’architecture et… les arbres… La BD et les affiches déchirées… La photographie « humaniste française » représentée par Henri Cartier-Bresson, Willy Ronis, René Burri… J’aime également les travaux d’Elliott Erwitt et Walker Evans… Duane Michals, William Klein et Ralph Gibson… et aussi Guy Bourdin, Paolo Roversi, Alex Webb… et plein d’autres choses encore!