Marrakech, comme des émotions revenues...

A la recherche d’un gamin perdu.

Sur le terrain la terre est rouge. Le vieil homme tient le gamin par la main. Il n’a pas encore trois ans… Le vieux parle à l’enfant. Dans une langue que ce dernier ne comprend pas. Pas encore, il l’apprendra plus tard. Par ses gestes amples qui balaient le paysage d’oliviers et d’arbres fruitiers et, de toute sa tendresse, il semble dire : “Un jour, tout cela sera à toi… si dieu le veut!“

Et l’enfant rit avec le grand père. Dans un fracas, la pluie perce en fils tendus comme des lames. Elle coule dans les sillons à leurs pieds. Le visage d’un Orant se découvre sous les pas, de cette terre travaillée depuis des millénaires. Les yeux écarquillés, des larmes rouges coulent sur ses joues. Comme par prémonition. Harim, nord de la Syrie, 1963…

 

 

Marrakech, octobre 2010. Chercher en ces murs comme une réminiscence, par translation, comme pour faire remonter le souvenir des êtres et des lieux disparus, ou devenus interdits… Sortir de la ville comme pour fouiller plus encore, à la recherche d’un gamin trop longtemps enfoui… et le trouver ici ?

OB